Source : We heart it
Il y a des dates « anniversaires » dont il n’est pas bon de se rappeler, celle-ci en fait partie. C’était il y a deux ans, et je m’en souviens comme si c’était hier. J’en avais déjà parlé sur le blog, mais je ressentais le besoin d’en parler de nouveau. Il y a deux ans, je perdais mon père. Je me revois encore dans la salle de bain, le téléphone dans les mains, ma mère a l’autre bout du fil et mon incapacité à dire ou faire quoi que ce soit si ce n’est pleurer. Cette angoisse qui avait été permanente pendant plus d’un an devenait trop forte, cette boule au ventre était bien trop présente, mes pensées se sont embrouillées. Ces sensations ne me quitteront jamais, et la peur de les ressentir de nouveau n’importe quelle personne de mon entourage est maintenant extrêmement présente. Je ne souhaite à personne de ressentir cela en tout cas, c’est bien trop destructeur. 
Il y a deux ans, j’avais le cœur en miettes. J’ai mis du temps à comprendre, à vraiment réaliser ce qui se passait. Une sensation de vide a rapidement pris le pas, ainsi que celui d’une tristesse permanente, ainsi que d’une angoisse comme dit plus haut. Mes humeurs étaient totalement changeantes, je passais du rire aux larmes en très peu de temps, ce qui était très perturbant. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même, avec comme seule volonté celle de me morfondre sous la couette pour le reste de mes jours.

Il y a deux ans, cet événement m’a, heureusement ou non, fait faire un tri dans mon entourage. Les personnes trop plaintives, négatives, « faux-culs », etc sont restées sur le bas-côté. Les vrais amis étaient là, ce qui a aidé à recoller petit à petit ce petit cœur en miettes.

Il y a deux ans, je pensais ne jamais me remettre de ce choc. 
Et depuis deux ans, les moments de tristesse sont plus intenses, mais les moments de bonheur aussi. Je profite passionnément de tout, de la vie et de tout ce qu’elle peut apporter en ne me focalisant plus sur les petites choses qui peuvent m’atteindre, en tentant de ne plus me plaindre autant qu’avant pour un rien. J’aime beaucoup plus passionnément, je me lance à corps perdu dans des projets. Ça peut sembler très fleur bleue, niais ou quoi que ce soit, mais c’est vrai. Et ça fait un bien fou, je n’ai jamais eu autant l’impression de « vivre ma vie » à fond les ballons que maintenant. 
Depuis deux ans, je vis avec cette peine qui, je pense, ne partira jamais vraiment. Même si la bonne humeur est souvent là (et je fais en sorte qu’elle le soit le plus souvent et le plus longtemps possible), il est parfois difficile de cacher des moments de grosse tristesse. 
Depuis deux ans, j’ai de grosses crises d’angoisse qui me reviennent à certains moments, comme depuis quelques jours. Je ne compte plus les matins avec les yeux embués, parce que mon père était présent dans mes rêves. Soit parce que je revoyais ces images gravées à jamais dans ma mémoire tourner en boucle, soit pour des situations totalement inventées où il était présent, soit parce qu’il me parle et me rassure dans mes rêves (ce qui provoque souvent l’effet inverse une fois la nuit achevée). Le seul lien qu’il me reste, avec mes souvenirs bien sûr. Même si ces derniers me font parfois défaut, comme ne plus me souvenir du son de sa voix. Mais je garderais toujours en tête ce petit sourire qui se faisait si rare. 
Depuis deux ans, je survis. Ou j’apprends à vivre différemment.