Aujourd’hui, j’avais envie de partager mon histoire, à travers un accessoire : le krama. Ce foulard cambodgien est directement lié à mes origines, et c’est toujours avec une certaine tendresse que je le porte autour du cou ou de la tête. Le krama fait partie de ma vie depuis que je suis petite : mon père en a quasiment toujours porté un, que ce soit autour du cou ou autour de la taille (en sorte de pagne si l’on peut dire). Lors de ses voyages au Cambodge, il nous en a toujours ramené à la maison. Et sachez-le, on peut vraiment tout faire avec cet accessoire : se protéger du froid ou du soleil, l’utiliser en tant que nappe de pique-nique (très pratique sur les aires de repos par exemple), petit sac, porte-bébé, jupe, haut, etc. Sur une des photos ci-dessous, je vous présente d’ailleurs 4 façons de le porter !
Ma mère, quant à elle, refuse d’en voir et d’en porter. Tout simplement parce qu’elle a associé cet accessoire aux Khmers rouges. Mes parents étaient encore au Cambodge lors du régime de Pol Pot, ils ont connu l’enfer des camps, les menaces si on découvrait qu’ils étaient des « intellectuels » (mon père a été menacé parce qu’il portait des lunettes et qu’il était suspecté de collaborer avec l’ennemi… Après son décès, je suis tombée sur la lettre qu’il a rédigé en arrivant en France, justifiant sa venue dans le pays, ça fait froid dans le dos), fuir pour aspirer à une meilleure vie, laisser une partie de leurs familles, etc. Ils sont arrivés en France il y a plus de 25 ans, avec uniquement mon père qui parlait français. Et je peux vous assurer que j’admire et que je suis fière du chemin que mes parents ont parcouru depuis.
Le krama, pour moi, c’est tout ça. Se battre pour réussir à faire ce que l’on veut de sa vie. Ne pas se laisser abattre en cas de coup dur. Et profiter, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer. Leur histoire, c’est également mon histoire, une partie de moi, un héritage culturel précieux.

Grâce à l’Agence des Blogueuses, j’ai pu collaborer avec la marque Krama Krama, qui m’a gentiment envoyé ce foulard en coton. Et là, j’entends déjà certaines personnes se dire : « Eh oh, elle nous raconte son histoire pour nous attendrir, avant de finir par son partenariat ». Dessus, je vous arrête tout de suite. Si j’ai voulu collaborer avec cette marque, c’est parce que leurs valeurs me parlent. Pour un krama acheté sur leur site, 5€ sont reversés à l’école Sala Baï pour financer la formation de futurs étudiants en école hôtelière à Siem Riep. Par ailleurs, l’entreprise française privilégie le social et l’éthique : elle travaille avec l’atelier Krama Yu à Siem Riep, qui produit des foulards de manière artisanale (avec un métier à tisser en bois traditionnel), dans le respect des travailleurs/travailleuses. De cette manière, vous pouvez être sûre d’avoir un accessoire de qualité, qui vous accompagnera pendant de longues années ! Tout cela fait écho en moi, ma mère étant très active dans une association en faveur des enfants et des agriculteurs au Cambodge. Elle a également  pu utiliser des métiers à tisser traditionnels quand elle était plus jeune, cela m’a toujours fait rêver de l’en entendre parler. Puis certains membres de ma famille habitent à Siem Riep, forcément ça me parle ! Enfin, une marque de krama qui glisse des kréma dans les colis, je ne peux qu’aimer ! 

Et vous, vous avez des accessoires qui ont une énorme valeur sentimentale ?